Écouter, c’est aimer

Écouter, c’est aimer

Par Bruce Bigot, le 12 janvier 2022

Quand on s’entraine, on devient musclé.
Quand on fait du yoga, on devient souple.
Quand on lit, on s’instruit.
Quand on médite, on trouve la paix en soi.
Tout ça est bien parfait de soi à soi.
Mais contrairement à ce que certains et certaines disent, on ne vit pas que pour soi.
Et non.
Il n’y a pas que Moi sur cette Terre.
Il y a aussi la Terre, et tous les autres. Minéraux, végétaux, animaux et bien d’autres choses…

Alors si tu apprends à écouter et à communiquer le coeur ouvert, une aventure absolument extraordinaire s’ouvre à toi. S’ouvre à nous tous.
Alors oui, commençons par nous-même et notre univers merveilleux, qui se présente, quand on se dépose enfin dans l’écoute active de Soi.
Mais si l’on se coupe du monde pour le faire, il y a quelque chose que nous n’avons pas compris. Nous sommes le monde.


Nous sommes un enfant de ce monde, nos racines, notre subconscient est ce monde. Écouter ce que l’on est de plus profond c’est écouter ce monde.
Alors pour se connaître il est temps de rencontrer le monde comme il est. L’écouter vraiment. Activement. Sans présupposé, sans préjugé, le coeur ouvert.

Ce n’est donc pas en s’enfermant dans une coquille imaginaire. que l’on appelle Moi. C’est accepter et comprendre l’interconnexion, l’interdépendance de notre réalité. Et pour cela il n’y a qu’une chose à faire. Écouter vraiment. En sachant bien que l’on ne sait pas de quoi l’autre parle, même si l’on croit savoir.

Non, nous ne savons pas. Ce que l’on croit savoir ne dépend que de notre perspective, établie de notre interprétation des expériences vécues. Alors non, nous ne savons pas de quoi parle l’autre, ce que pense l’autre, ce que vit l’autre.

L’écoute dans la relation amoureuse

Dans la relation amoureuse, cela devient une évidence. Laisser l’autre être qui il est, acceptant que l’on ne sait pas; ou bien l’emprisonner dans une idée, une catégorie, en croyant savoir. La relation amoureuse est le terreau fertile de la rencontre. Ni avec Soi ni avec l’autre, mais tout simplement de la rencontre. De l’écoute. Du dépassement des idées préétablies, de l’ego quoi.

La relation amoureuse nous montre ce que l’on veut voir et ce que l’on ne veut pas voir. Et tant mieux. La voilà l’aventure de la rencontre avec soi, enfin. On entend ce que l’on pense, on voit ce que l’on fait, on est bien obligé d’observer que nous sommes loin d’être parfaits. Nous ne sommes pas cette si bonne personnes que nous aimerions être, pour mieux plaire aux autres, et donc à soi. Tout ce que l’on accepte pas chez l’autre est une délicieux reflet, de notre intolérance.

Cette intolérance vient d’un moment, d’une expérience, d’une envie, d’un rêve, d’une émotions, d’un ressenti, etc. qui n’a pas été écouté. Alors la recette miracle, elle est simple. Écouter activement. Écouter pour de vrai. Écouter sans filtre. Rencontrer.

Le début d’une relation amoureuse est fleuri par tant de neuro-chimie si douce à notre cerveau. Tant de bonnes drogues déployées en nous. Mais voilà ça s’arrête au moment où l’on croit savoir. Oui, où l’on croit savoir que l’autre fait ça POUR nous faire du mal, que l’on fait ça POUR lui faire du mal.

La culpabilité et la victimisation s’amusent alors à s’inventer une nouvelle pièce de théâtre. Une de ces pièces que l’on connait bien et qui se réinvente un peu, au goût du jour. Mais non, ce n’est pas POUR faire du mal. Nous ne sommes pas, et cela bien à l’opposé de nos croyances pétrissant nos perspectives, nous ne sommes pas l’un CONTRE l’autre.

Écouter du début à la fin

Mais voilà. Le croire va le réaliser. Encore une fois, nous n’aurons pas écouter. Écouter vraiment.

Bon c’est bien beau toute ces histoires, mais comment parler, partager notre expérience avec assez de justesse? Pour ne pas tomber dans une discours moralisant, ou victimisant… En s’écoutant vraiment… Mais aussi…

En s’entrainant, en bougeant, l’énergie se canalise.
En faisant du yoga, ou des assouplissements, l’esprit lui aussi s’assouplit.
En lisant pour mieux comprendre.
En méditant pour arriver dans la communication dans la paix, alors la communion se fait.

Voici alors l’Amour. L’Amour qui a toujours été là est enfin vu, entendu, perçu. La relation amoureuse devient complice. Complice d’un crime merveilleux, celui de ne plus condamner à catégoriser, à enfermer, à étouffer. Un crime merveilleux, celui de libérer l’autre, avec soi, comme deux fugitifs qui s’enfuient souriant dans la forêt. Laissant derrière eux la prison de d’une société. Un société gardée par les egos, bien contents de continuer de jouer leurs pièces de théâtre, empoisonnées de culpabilité, de préjugés et d’ignorance.

Je crois que la relation amoureuse est là pour nous libérer. Car c’est ensemble que nous sommes ensemble. Car oui mesdames messieurs, que nous le voulions ou non, nous sommes ensemble quoi qu’il arrive.

Alors vous êtes prêts? On s’écoute?

Bruce Bigot, le 12 janvier 2022